Sia Trog
Couverture du roman Aliénation — L'Héritage de Sia Trog

Aliénation — Tome 2

Aliénation — L'Héritage

Thriller psychologique — Sia Trog

Il y a des vérités qui ne disparaissent pas. Elles attendent simplement qu'on soit prêt à les regarder.

À trente ans, Léo est policier. Il passe ses journées à écouter les versions des autres, à traquer les silences, à démêler le vrai du raconté.

Mais dans sa propre histoire, il n'a jamais eu le droit de chercher.

À douze ans, sa mère disparaît. Son père, déjà absent, devient une menace. Un récit fictif s'impose. Clair. Rassurant. Définitif.

Des années plus tard, un livre surgit. Un roman étrange, dérangeant, dont chaque page semble connaître son enfance mieux que lui-même.

Alors Léo commence à douter. De ses souvenirs. De ce qu'on lui a appris à croire. De ce qu'on a décidé à sa place.

Aliénation, L'Héritage est un roman psychologique puissant sur la mémoire, le silence et les vérités qu'on fabrique pour survivre. Une plongée intime dans l'esprit d'un enfant devenu adulte, confronté à une question vertigineuse : et si la réalité avait été réécrite… avant même qu'il puisse la comprendre ?

  • Mémoire
  • Manipulation
  • Silence familial
  • Vérité

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Genre
Thriller psychologique
Langue
Français
Publication
8 février 2026
ISBN
9798247448778

Extrait

Prologue

Il y a des histoires qui ne se terminent jamais. Elles changent simplement de visage, se réinventent d'une génération à l'autre, et attendent patiemment qu'on ait le courage de les regarder en face.

Avant que je comprenne, avant que je doute, avant même que je commence à chercher, il y a eu le silence. Un silence épais, méthodique, construit mot après mot, regard après regard, comme on construit une maison dont on ne verrait jamais les fondations. J'ai grandi dedans sans savoir que j'y grandissais. On m'a appris très tôt que certaines choses ne se disent pas. Que certaines questions font mal avant même qu'on ait fini de les poser. Que certains souvenirs, si on les laisse remonter, deviennent dangereux — pour soi, pour les autres, on ne sait jamais très bien pour qui exactement, seulement qu'il vaut mieux ne pas vérifier.

On m'a appris à me méfier de lui. De ses mots que je n'entendais plus. De ses gestes que je ne voyais plus. De son absence, surtout, cette absence si totale qu'elle avait fini par ressembler à une preuve. On m'a appris à avoir peur d'un homme que je ne croisais plus nulle part, à haïr quelqu'un dont je n'avais plus un seul souvenir précis auquel raccrocher cette haine. On m'a dit que mon père était violent. Instable. Qu'il fallait m'en protéger, comme on protège un enfant d'un courant électrique ou d'un chien mal élevé.

Alors j'ai obéi. Comme obéissent tous les enfants à qui l'on n'a jamais vraiment demandé leur avis, parce qu'on leur explique que c'est précisément pour leur bien qu'on ne le demande pas. Je ne l'ai plus vu. Ni son visage, qui s'est effacé plus vite que je ne l'aurais cru possible. Ni ses mains. Ni sa voix. Plus d'appels, plus de photos, plus de lettres — rien. Il a cessé d'exister sans jamais mourir, ce qui est une forme de disparition dont on ne parle pas assez, parce qu'elle ne laisse ni corps ni deuil, seulement un vide qu'on doit remplir soi-même avec ce qu'on nous tend.

À la place, il y a eu un récit. Toujours le même, répété jusqu'à ce que la répétition elle-même devienne une preuve. Affiné à chaque version. Renforcé à chaque silence qui suivait une question mal posée. Une histoire où tout était clair, où il n'y avait qu'un coupable, où je n'avais jamais rien eu à questionner puisque tout, déjà, avait été répondu à ma place.

Et moi, au milieu de tout ça ? J'étais l'enjeu. Je ne l'ai compris que bien plus tard, avec cette lenteur particulière qu'ont les vérités trop grandes pour l'enfant qui les traverse : l'aliénation ne fait pas de bruit. Elle ne frappe pas, elle ne crie pas. Elle explique patiemment. Elle rassure avec constance. Elle protège si bien qu'on ne remarque jamais qu'elle enferme en même temps. Elle vous convainc, syllabe après syllabe, que penser par vous-même serait une trahison de ceux qui vous aiment.

À douze ans, ma mère a disparu. À trente ans, je cherche encore ce qui m'a été volé bien avant sa disparition — quelque chose de plus ancien, de plus profond, que sa disparition n'a fait que révéler sans jamais l'expliquer.

La vérité n'est pas toujours cachée. Parfois, elle est simplement réécrite, ligne après ligne, par quelqu'un de patient.

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