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Aliénation parentale : comprendre, détecter, agir

L’aliénation parentale est le sujet qui traverse une grande partie des romans de Sia Trog. Cette page rassemble, de façon factuelle et sourcée, ce que l’on sait de ce phénomène : sa définition, son statut incertain devant la justice française, les signes qui peuvent alerter, et les recours qui existent réellement.

Ce contenu est informatif. Il ne remplace pas l’avis personnalisé d’un avocat en droit de la famille ou d’un psychologue — chaque situation familiale est particulière.

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Les signes qui doivent alerter — à imprimer

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Qu’est-ce que l’aliénation parentale ?

L’expression désigne une situation où un enfant, à la suite d’une séparation conflictuelle, en vient à rejeter l’un de ses parents sans justification proportionnée — ce rejet étant favorisé, consciemment ou non, par l’autre parent (dénigrement systématique, obstruction aux visites, pressions psychologiques).

En psychologie, on parle plus précisément de conflit de loyauté : un enfant se retrouve dans une situation où il se sent obligé de « trahir » un parent pour rester fidèle à l’autre. Ce conflit intrapsychique peut nuire à l’estime de soi de l’enfant, favoriser le repli sur soi, l’anxiété ou des troubles du comportement.

Un concept juridiquement et scientifiquement débattu

C’est le point le plus important à comprendre, et le plus souvent passé sous silence : le « syndrome d’aliénation parentale » (SAP), théorisé dans les années 1970 par le pédopsychiatre américain Richard Gardner, ne bénéficie d’aucun consensus médical et n’est pas intégré à la classification internationale des maladies de l’Organisation mondiale de la santé.

Une circulaire du ministère de la Justice de mars 2018, confirmée par une réponse ministérielle du 12 décembre 2024, alerte les magistrats sur le caractère « particulièrement controversé » de ce concept et les invite à lui préférer des notions comme le conflit de loyauté, le conflit parental ou l’emprise. Plusieurs cours d’appel françaises (Caen, Lyon, Versailles, Bordeaux) ont d’ailleurs écarté le SAP comme « dépourvu de valeur scientifique ».

Cette prudence n’est pas anodine : le Parlement européen, dans sa résolution du 6 octobre 2021 sur les violences conjugales et les droits de garde, a exhorté les États membres à ne pas reconnaître le SAP dans leur droit ou leur pratique judiciaire — l’OMS et l’association américaine de psychologie rejetant ce concept notamment parce qu’il a pu être utilisé pour discréditer des parents, le plus souvent des mères, qui limitaient le contact avec l’autre parent pour protéger un enfant de violences réelles.

La réalité qu’on range sous le terme d’aliénation parentale existe donc bien, mais elle exige un diagnostic prudent, individualisé, établi par des professionnels — jamais un constat automatique ou univoque.

Les signes qui peuvent alerter

Aucun signe pris isolément n’est concluant : c’est leur accumulation, dans la durée, qui doit alerter — et seul un professionnel peut poser un diagnostic. Parmi les signes les plus souvent décrits :

  • Un rejet sans ambivalence : l’enfant divise le monde en un parent « tout bon » et un parent « tout mauvais », sans nuance.
  • Un discours qui semble emprunté à un adulte, avec des mots ou des accusations qui ne correspondent pas à son âge ou à son vécu.
  • Une absence de culpabilité face au rejet exprimé, et des justifications vagues, triviales ou illogiques.
  • Une extension du rejet à tout l’entourage du parent visé (grands-parents, nouveau conjoint, amis).
  • Un changement brutal d’attitude envers un parent auparavant proche, sans événement déclencheur identifiable.

Que faire ? Les recours possibles en France

Plusieurs démarches existent, à envisager idéalement avec l’aide d’un avocat en droit de la famille :

  • Saisir le juge aux affaires familiales (JAF) pour demander une révision des modalités de garde ou de résidence.
  • Demander une expertise médico-psychologique familiale, ordonnée par le juge, pour objectiver la situation.
  • Recourir à la médiation familiale, une démarche encadrée qui peut parfois désamorcer le conflit avant qu’il ne s’installe.
  • En cas de danger pour l’enfant, saisir le juge des enfants.
  • En cas de refus répété et injustifié de présenter l’enfant, déposer plainte pour non-représentation d’enfant (article 227-5 du Code pénal — jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende, même si la peine de prison est rarement appliquée en pratique). Selon Le Club des Juristes, environ 750 condamnations par an ont été prononcées pour ce délit entre 2014 et 2023, dans près de 80 % des cas contre des mères.
  • Conserver des traces (échanges écrits, attestations de proches ou de professionnels) : la charge de la preuve, dans ce type de dossier, repose largement sur des éléments factuels accumulés dans la durée.

Comment la prévenir

  • Ne jamais dénigrer l’autre parent devant l’enfant, même dans un conflit intense.
  • Ne pas faire de l’enfant un messager ou un confident du conflit parental.
  • Favoriser activement le lien de l’enfant avec ses deux parents, sauf situation de danger avéré.
  • Privilégier la médiation familiale dès les premiers signes de tension autour de la garde.
  • Consulter tôt un pédopsychiatre ou un psychologue de l’enfant en cas de changement de comportement inquiétant.

Pour aller plus loin

Approfondir chaque question

Associations et professionnels

ACALPA (Association contre l’aliénation parentale), créée en 2005, propose écoute, permanences, orientation et ressources documentaires aux parents concernés.

acalpa.info →

Pour une situation individuelle, un avocat en droit de la famille et un psychologue ou pédopsychiatre pour l’enfant restent les interlocuteurs les plus adaptés.

Vidéos

Le sujet expliqué en vidéo sur TikTok

Sia Trog aborde régulièrement l’aliénation parentale sur TikTok — signes d’alerte, vécu, conseils avant une audience.

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Questions fréquentes

L'aliénation parentale est-elle reconnue par la justice française ?
Le terme de « syndrome d'aliénation parentale » (SAP) n'est pas reconnu comme un diagnostic scientifique : il n'a pas de consensus médical et n'apparaît pas dans la classification des maladies de l'Organisation mondiale de la santé. Plusieurs cours d'appel françaises (Caen, Lyon, Versailles, Bordeaux) l'ont écarté comme « dépourvu de valeur scientifique ». En revanche, la réalité d'un enfant manipulé contre l'un de ses parents est prise en compte par les juges sous d'autres notions, comme le « conflit de loyauté » ou l'« emprise » parentale.
Pourquoi le concept de SAP est-il controversé ?
Parce qu'il a aussi été utilisé, dans certaines affaires, pour discréditer un parent — le plus souvent une mère — qui limitait le contact avec l'autre parent pour protéger l'enfant de violences réelles. Le Parlement européen, dans sa résolution du 6 octobre 2021, a exhorté les États membres à ne pas reconnaître le SAP dans leur droit ou leur pratique judiciaire, précisément pour cette raison.
Que faire si l'autre parent empêche l'exercice de la garde ou des visites ?
La voie légale est de saisir le juge aux affaires familiales (JAF), qui peut réévaluer les modalités de garde et ordonner une expertise médico-psychologique familiale. En cas de refus répété et injustifié de présenter l'enfant, une plainte pour non-représentation d'enfant peut être déposée (article 227-5 du Code pénal). Ces démarches gagnent à être accompagnées par un avocat en droit de la famille.
Qui peut m'aider ou m'accompagner ?
Un avocat spécialisé en droit de la famille, un psychologue ou pédopsychiatre pour l'enfant, et des associations comme l'ACALPA (Association contre l'aliénation parentale), qui propose écoute, orientation et ressources documentaires.