Le rapport de la commission d'enquête sur l'inceste parental critique le maintien du « syndrome d'aliénation parentale » dans les expertises
Créée à l'unanimité par l'Assemblée nationale le 28 janvier 2026, présidée par la députée Maud Petit et rapportée par le député Christian Baptiste, la commission d'enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales et la situation des parents protecteurs (notamment des mères protectrices) a mené 43 auditions entre février et juillet 2026 — plus de 100 heures d'échanges avec 132 personnes (associations, pédiatres, psychiatres, psychologues, avocats, magistrats, forces de l'ordre, parents protecteurs) et près de deux cents contributions écrites. Son rapport, déposé le 1er juillet 2026 et rendu public le 9 juillet, formule 49 recommandations touchant le droit pénal, la procédure et l'organisation judiciaire. Il pointe notamment le maintien, dans certaines expertises judiciaires, de la notion de « syndrome d'aliénation parentale » (SAP) — pourtant dénuée de fondement scientifique reconnu — avec des conséquences documentées : placements abusifs, remise de l'enfant à un parent agresseur, ou condamnation d'un parent qualifié de « protecteur ». C'est exactement la tension que ce dossier documente depuis le début : le risque qu'un concept sans consensus scientifique serve, dans certains dossiers, à retourner l'accusation contre le parent qui alerte.