Sia Trog
Dossier aliénation parentale

Quand un enfant ne répond plus : comprendre la perte ambiguë

« On peut répondre aux accusations. On peut se défendre contre des reproches. Mais on ne peut pas répondre au silence. L'absence crée un doute. Et le doute peut devenir une condamnation intérieure. Le conflit fait du bruit. Le silence détruit en silence. » — Sia Trog, dans une vidéo publiée sur @siatrog.

Ce texte décrit une réalité que beaucoup de parents séparés de leur enfant reconnaissent : un conflit ouvert, aussi douloureux soit-il, laisse au moins la possibilité de se défendre. Le silence, lui, ne laisse rien à quoi répondre.

Un deuil sans certitude : la perte ambiguë

La psychologue et thérapeute familiale américaine Pauline Boss a développé, à partir de la fin des années 1970, le concept de « perte ambiguë » (ambiguous loss) : une situation de perte marquée par l'incertitude, où l'on ne peut ni faire un deuil complet, ni retrouver la relation telle qu'elle était.

Boss distingue deux formes de perte ambiguë. La première correspond à une absence physique avec présence psychologique (une personne disparue, dont le sort est inconnu). La seconde, inverse, correspond à une présence physique avec absence psychologique (par exemple une maladie comme Alzheimer). La situation d'un parent séparé de son enfant sans contact s'apparente à la première forme : l'enfant existe, grandit, vit quelque part — mais reste inaccessible.

Ce type de perte est décrit comme particulièrement difficile à traverser précisément parce qu'il ne permet aucune clôture : il n'y a ni cérémonie, ni certitude, ni fin annoncée à laquelle s'adapter.

Une violence qui ne se voit pas

Ce vécu rejoint ce que Sia Trog met en scène dans son roman Aliénation, à travers le personnage de Maxime : « Il y a des silences plus violents que les cris. Des absences plus lourdes que les morts. [...] Comment peut-on perdre un enfant encore vivant ? [...] Une violence propre, administrative, sociale. Une violence qui ne laisse pas de bleus, mais qui détruit des liens à jamais. »

Cette description littéraire n'est pas un cas isolé : elle fait écho à un phénomène documenté par la psychologie de la perte ambiguë, indépendamment de tout roman ou témoignage individuel.

Vers qui se tourner

Le travail thérapeutique autour de la perte ambiguë ne vise pas à obtenir une réponse définitive — souvent hors de portée — mais à aider la personne à vivre avec l'incertitude, à maintenir un lien symbolique avec l'enfant, et à retrouver une capacité d'agir au quotidien malgré l'absence de résolution.

  • Un psychologue formé au deuil et à la perte ambiguë peut accompagner ce travail spécifique, différent d'un deuil classique.
  • L'ACALPA (Association contre l'aliénation parentale), créée en 2005, propose écoute, information juridique et orientation aux parents concernés.
  • Un avocat en droit de la famille reste l'interlocuteur pour toute démarche judiciaire visant à rétablir le contact (voir notre guide sur le juge aux affaires familiales).

En vidéo

Sia Trog en parle sur TikTok

Suivre @siatrog sur TikTok →

Fiche gratuite

Les signes qui doivent alerter — à imprimer

Recevez immédiatement une fiche PDF récapitulative sur l’aliénation parentale.

Télécharger la fiche gratuite